dimanche 1 mars 2015

Le discours de réception d'Assia Djebar à l'Académie Française 22 juin 2006

Mme Assia Djebar ayant été élue à l’Académie française à la place laissée vacante


 
par la mort de M. Georges Vedel, y est venue prendre séance le jeudi 22 juin 2006, et a
prononcé le discours historique, je vous propose la partie  suivante :
 
 

 
 
Il y a une autre Histoire, Mesdames et Messieurs, et consécutive à

celle-ci... Permettez-moi de l’évoquer à présent : la France, sur plus d’un

demi-siècle, a affronté le mouvement irréversible et mondial de

décolonisation des peuples. Il fut vécu, sur ma terre natale, en lourd passif

de vies humaines écrasées, de sacrifices privés et publics innombrables, et

douloureux, cela, sur les deux versants de ce déchirement.

Il s’agissait, aussi d’une confrontation plus large de l’Europe avec

tout le Tiers Monde. Aux philosophes de l’Histoire de mesurer pourquoi

les deux dernières guerres mondiales ont pris racine sans doute dans le fait

que l’Allemagne, puissance réunifiée en 1870, fut écartée du dépeçage

colonial de l’Afrique, au XIXe siècle.

L’Afrique du Nord, du temps de l’Empire français, — comme le

reste de l’Afrique de la part de ses coloniaux anglais, portugais ou belges

— a subi, un siècle et demi durant, dépossession de ses richesses

naturelles, déstructuration de ses assises sociales, et, pour l’Algérie,

exclusion dans l’enseignement de ses deux langues identitaires, le berbère

séculaire, et la langue arabe dont la qualité poétique ne pouvait alors, pour

moi, être perçue que dans les versets coraniques qui me restent chers.

— Mesdames et Messieurs, le colonialisme vécu au jour le jour par

nos ancêtres, sur quatre générations au moins, a été une immense plaie !

Une plaie dont certains ont rouvert récemment la mémoire, trop légèrement

et par dérisoire calcul électoraliste. En 1950 déjà, dans son « Discours sur

le Colonialisme » le grand poète Aimé Césaire avait montré, avec le

souffle puissant de sa parole, comment les guerres coloniales en Afrique et

en Asie ont, en fait, « décivilisé » et « ensauvagé », dit-il, l’Europe ».
En pleine guerre d’Algérie, pour ma part, par contre, j’ai bénéficié

de chaleureux dialogues avec de grands maîtres des années cinquante :

Louis Massignon, islamologue de rare qualité, pour mes recherches alors

en mystique féminine, du Moyen Âge, l’historien Charles André Julien qui

fut mon Doyen à l’Université de Rabat autour de 1960, enfin le sociologue

et arabisant, Jacques Berque qui me réconfortait, hélas, juste avant sa mort,

en pleine violence islamiste de la décennie passée contre les intellectuels.,

en Algérie.

J’ajouterai à cette liste, le discret ami d’autrefois, Gaston Bounoure
qui, d’Égypte, venant finir sa carrière de professeur au Maroc, était l’un
 




 

 

 
 

des rares à m’encourager dans mes débuts de romancière ; de même, un

peu plus tard, le poète Pierre Emmanuel qui siégea parmi vous.

Je terminerai surtout avec deux femmes qui m’avaient communiqué

auparavant la force d’être ce que je suis c’est-à-dire un auteur d’écriture

française : l’une, Madame Blasi, au collège de Blida, par sa simple lecture

des poèmes de Baudelaire — j’avais onze ans-—, l’autre à Paris, le

professeur Dina Dreyfus dont l’enseignement de Descartes et de Kant me

transmit un peu de rigueur, j’en avais dix-neuf...

Je voudrais ajouter, en songeant aux si nombreuses Algériennes qui

se battent aujourd’hui pour leurs droits de citoyennes, ma reconnaissance

pour Germaine Tillon, devancière de nous toutes, par ses travaux dans les

Aurès, déjà dans les années trente, par son action de dialogue en pleine

bataille d’Alger en 1957, également pour son livre Le harem et les Cousins


qui, dès les années soixante, nous devint « livre-phare », oeuvre de lucidité

plus que de polémique.

 

Comme Georges Vedel, je me destinais à la philosophie.

Passionnée, étais-je à vingt ans, par la stature d’Averroes, cet Ibn Rochd

andalou de génie dont l’audace de la pensée a revivifié l’héritage

occidental, mais alors que j’avais appris au collège l’anglais, le latin et le

grec, comme je demandais en vain à perfectionner mon arabe classique,

j’ai dû restreindre mon ambition en me résignant à devenir historienne. En

ce sens, le monolinguisme français, institué en Algérie coloniale, tendant à

dévaluer nos langues maternelles, nous poussa encore davantage à la quête

des origines.

Ainsi, dirais-je, s’aviva mon « désir ardent de langue », une langue

en mouvement, une langue rythmée par moi pour me dire ou pour dire que

je ne savais pas me dire, sinon hélas dans parfois la blessure... sinon dans

l’entrebâillement entre deux, non, entre trois langues et dans ce triangle

irrégulier, sur des niveaux d’intensité ou de précision différents, trouver

mon centre d’équilibre ou de tangage pour poser mon écriture, la stabiliser

oui risquer au contraire son envol.

La langue française, la vôtre, Mesdames et Messieurs, devenue la

mienne, tout au moins en écriture, le français donc est lieu de creusement
 
de mon travail, espace de ma méditation ou de ma rêverie, cible de mon

utopie peut-être, je dirai même ; tempo de ma respiration, au jour le jour :

ce que je voudrais esquisser, en cet instant où je demeure silhouette dressée

sur votre seuil.

Je me souviens, l’an dernier, en Juin 2005, le jour où vous m’avez

élue à votre Académie, aux journalistes qui quêtaient ma réaction, j’avais

répondu que « J’étais contente pour la francophonie du Maghreb ». La


sobriété s’imposait, car m’avait saisie la sensation presque physique que

vos portes ne s’ouvraient pas pour moi seule, ni pour mes seuls livres, mais

pour les ombres encore vives de mes confrères — écrivains, journalistes,

intellectuels, femmes et hommes d’Algérie qui, dans la décennie quatrevingt-

dix ont payé de leur vie le fait d’écrire, d’exposer leurs idées ou tout

simplement d’enseigner... en langue française.

Depuis, grâce à Dieu, mon pays cautérise peu à peu ses blessures.

 

Il serait utile peut être de rappeler que, dans mon enfance en

Algérie coloniale (on me disait alors « française musulmane ») alors que

l’on nous enseignait « nos ancêtres les Gaulois », à cette époque justement


des Gaulois, l’Afrique du Nord, (on l’appelait aussi la Numidie), ma terre

ancestrale avait déjà une littérature écrite de haute qualité, de langue

latine...

J’évoquerai trois grands noms : Apulée, né en 125 ap. J.C. à

Madaure, dans l’est algérien, étudiant à Carthage puis à Athènes, écrivant

en latin, conférencier brillant en grec, auteur d’une oeuvre littéraire

abondante, dont le chef d’oeuvre L’Âne d’or ou les Métamorphoses, est un


roman picaresque dont la verve, la liberté et le rire iconoclaste conserve

une modernité étonnante.... Quelle révolution, ce serait, de le traduire en

arabe populaire ou littéraire, qu’importe, certainement comme vaccin

salutaire à inoculer contre les intégrismes de tous bords d’ aujourd’hui.

Quant à Tertullien, né païen à Carthage en 155 ap. J.C, qui se

convertit ensuite au christianisme, il est l’auteur d’une trentaine

d’ouvrages, dont son Apologétique, toute de rigueur puritaine Il suffit de

citer deux ou trois de ses phrases qui, surgies de ce Ile siècle chrétien et




 


latin, sembleraient soudain parole de quelque tribun misogyne et intolérant

d’Afrique. Par exemple, extraite de son opus Du voile des vierges , cette

affirmation : « Toute vierge qui se montre, écrit Tertullien, subit une sorte

de prostitution ! », et plus loin, « Depuis que vous avez découvert la tête de

cette fille, elle n’est plus vierge tout entière à ses propres yeux ».


Oui, traduisons le vite en langue arabe, pour nous prouver à nousmême,

au moins, que l’obsession misogyne qui choisit toujours le corps

féminin comme enjeu n’est pas spécialité seulement « islamiste ! »

En plein IVe siècle, de nouveau dans l’Est algérien, naît le plus


grand Africain de cette Antiquité, sans doute, de toute notre littérature :

Augustin, né de parents berbères latinisés... Inutile de détailler le trajet si

connu de ce Père de l’Église : l’influence de sa mère Monique qui le suit

de Carthage jusqu’à Milan, ses succès intellectuels et mondains, puis la

scène du jardin qui entraîne sa conversion, son retour à la maison

paternelle de Thagaste, ses débuts d’évêque à Hippone, enfin son long

combat d’au moins deux décennies, contre les Donatistes, ces Berbères

christianisés, mais âprement raidis dans leur dissidence.

Après vingt ans de luttes contre ces derniers, eux qui seraient les

« intégristes chrétiens » de son temps, étant plus en contact certes avec

leurs ouailles parlant berbère, Augustin croit les vaincre : Justement, il

s’imagine triompher d’eux en 418, à Césarée de Maurétanie (la ville de ma

famille et d’une partie de mon enfance). Il se trompe. Treize ans plus tard,

il meurt, en 431 dans Hippone, assiégée par les Vandales arrivés

d’Espagne et qui, sur ces rivages, viennent, en une seule année, de presque

tout détruire.

Ainsi, ces grands auteurs font partie de notre patrimoine. Ils

devraient être étudiés dans les lycées du Maghreb : en langue originale, ou

en traduction française et arabe.

 

 

Rappelons que, pendant des siècles, la langue arabe a accompagné

la circulation du latin et du grec, en Occident ; jusqu’à la fin du Moyen

Âge.

Après 711 et jusqu’à la chute de Grenade en 1492, l’arabe des

Andalous produisit des chefs d’oeuvre dont les auteurs, Ibn Battouta le
 
voyageur, né à Tanger ; Ibn Rochd le philosophe commentant Aristote

pour réfuter El Ghazzali, enfin le plus grand mystique de l’occident

musulman, Ibn Arabi, voyageant de Bougie à Tunis et de là, retournant à

Cordoue puis à Fez-La langue arabe était alors véhicule également du

savoir scientifique (médecine, astronomie, mathématiques etc.) Ainsi, c’est

de nouveau, dans la langue de l’Autre (les Bédouins d’Arabie islamisant

les Berbères pour conquérir avec eux l’Espagne) que mes ancêtres africains

vont écrire, inventer. Le dernier d’entre eux, figure de modernité marquant

la rupture, Ibn Khaldoun, né à Tunis, écrit son Histoire des Berbères en

Algérie ; au milieu du XIVe siècle. Il finira sa vie en 1406 en Orient ;


comme presque deux siècles auparavant, Ibn Arabi.

Pour ces deux génies, le mystique andalou, et le sceptique inventeur

de la sociologie, la langue d’écriture semble les mouvoir, eux, en citoyens

du monde qui. préférèrent s’exiler de leur terre, plutôt que de leur écriture.

À quoi me sert aujourd’hui ma langue française ? Je me pose

presque ingénument la question. Dès l’âge de vingt ans, j’avais choisi

d’enseigner en université l’histoire du Maghreb.

Comme le Doyen Vedel, j’aime de cette profession l’indépendance

intellectuelle qu’elle assure, ainsi que les contacts avec de jeunes esprits ;

leur communiquer ce qu’on aime, rester en alerte avec eux qui vous

aiguillonnent tandis que vous avancez en âge. Je n’ai fait, après tout, que

prolonger l’activité de mon père qui, instituteur dans les années trente, en

pleine montagne algérienne, seul dans une école où ne parvenait même pas

la route, scolarisait en français des garçonnets, il y ajoutait des cours

d’adultes, pour des montagnards de son âge auxquels il assurait une

formation accélérée en français, les préparant ainsi à de petits métiers

d’administration pour que leurs familles aient des ressources régulières.


Dès l’âge de mes quinze ans, j’ai adhéré à une conception fervente

de la littérature. « J’écris pour me parcourir » disait le poète Henri


Michaux . J’ai adopté, en silence, cette devise.

L’écriture m’est devenue activité souvent nocturne, en tout cas

permanente, une quête presque à perdre souffle... J’écris par passion

d’« ijtihad », c’est-à-dire de recherche tendue vers quoi, vers soi d’abord.

Je m’interroge, comme qui, peut-être, après tout, comme le héros
 
métamorphosé d’Apulée qui voyage en Thessalie : sauf que je ne veux

retenir, de ce prétentieux rapprochement que la mobilité des vagabondages

de ce Lucius, double de l’auteur, mon compatriote de dix-neuf siècles

auparavant...

Est-ce que, me diriez vous, vous écrivez, vous aussi,

métamorphosée, masquée et ce masque que pourtant vous ne cherchez pas

à arracher, serait la langue française ?

Depuis des décennies, cette langue ne m’est plus langue de l’Autrepresqu’une

seconde peau, ou une langue infiltrée en vous-même, son

battement contre votre pouls, ou tout près de votre artère aorte, peut-être

aussi cernant votre cheville en noeud coulant, rythmant votre marche (car

j’écris et je marche, presque chaque jour dans Soho ou sur le pont de

Brooklyn)... Je ne me sens alors que regard dans l’immensité d’une

naissance au monde. Mon français devient l’énergie qui me reste pourboire

l’espace bleu gris, tout le ciel.

J’aurais pu être, à la fin des années 1970, à la fois cinéaste de

langue arabe, en même temps que romancière francophone. Malgré mes

deux longs métrages, salués à Venise et à Berlin, si j’avais persisté, à me

battre contre la misogynie des tenants du cinéma d’état de mon pays, avec

sa caricature saint-sulpicienne du passé, ou ses images d’un populisme

attristant, j’aurais été asphyxiée comme l’ont été plusieurs cinéastes qui

avaient été sérieusement formés auparavant. Cette stérilité des structures

annonçait, en fait, en Algérie, la lame de fond de l’intolérance et de la

violence de la décennie quatre-vingt-dix. J’aurais donc risqué de vivre

sourde et aveugle en quelque sorte, parce qu’interdite de création audiovisuelle.

Mais, de mes repérages pour quêter la mémoire des paysannes dans

les montagnes du Dahra, en langue arabe ou parfois le berbère fusant au

souvenir des douleurs écorchées— j’ai reçu une commotion définitive. Un

ressourcement ; je dirais même une leçon éthique et esthétique, de la part

des femmes de tous âges de ma tribu maternelle : elles se ressouvenant de

leur vécu de la guerre d’Algérie, mais aussi évoquant leur quotidien. Leur

parole se libérait avec des images surprenantes, des mini-récits amers ou

drôles, laissant toujours affluer une foi âpre ou sereine, comme une source

qui lave et efface les rancunes.
 
 

Réapprenant à voir, désirant transmettre dans une forme presque

virgilienne, ce réel, j’ai retrouvé une unité intérieure, grâce à cette parole

préservée de mes soeurs, à leur pudeur qui ne se sait pas, si bien que le son

d’origine s’est mis à fermenter au coeur même du français de mon écriture.

Ainsi armée ou réconciliée, j’ai pris tout à fait le large.

Or là bas, sur cette rive sud que j’ai quittée, qui regarde désormais

sinon chaque femme qui n’avait pas autrefois droit de regard, à peine de

marcher en baissant les yeux, en s’enveloppant face, front et corps tout

entier de linge divers, de laines, de soies, de caftans ? Corps mobile qui,

alors que la scolarisation des filles de tous âges s’impose dans les moindres

hameaux, semble encore plus sous contrôle ?

La jeune femme architecte dans La Nouba des femmes du mont

Chenoua, revient dans sa région d’enfance. Son regard posé sur les


paysannes quête l’échange de paroles ; leurs conversations s’entrelacent.

Est-ce par hasard que la plupart des oeuvres de femmes, au cinéma,

apportent au son, à la musique, au timbre des voix prises et surprises, un

relief aussi prégnant que l’image elle-même ? Comme s’il fallait

s’approcher lentement de l’écran, le peupler, mais porté par une voix

pleine, dure comme une pierre, fragile et riche comme un coeur humain.


Ainsi suis-je allée au travail d’images-sons, parce que je

m’approchais d’une langue maternelle que je ne voulais plus percevoir

qu’en espace, tenter de lui faire prendre l’air définitivement ! Une langue

d’insolation qui rythmerait au dehors des corps de femmes circulant,

dansant, toujours au dehors, défi essentiel.

Quant à la langue française, au terme de quelle transhumance,

tresser cette langue illusoirement claire dans la trame des voix de mes

soeurs ? Les mots de toute langue se palpent, s’épellent, s’envolent comme

l’hirondelle qui trisse, oui, les mots peuvent s’exhaler, mais leurs

arabesques n’excluent plus nos corps porteurs de mémoire.
 
Dire, sans grandiloquence, que mon écriture en français est

ensemencée par les sons et les rythmes de l’origine, comme les musiques

que Bela Bartok est venu écouter en 1913, jusque dans les Aurès. Oui, ma

langue d écriture s’ouvre au différent, s’allège des interdits paroxystiques,

s’étire pour ne paraître qu’une simple natte au dehors, parfilée de silence et

de plénitude.

 

Mon français s’est ainsi illuminé depuis vingt ans déjà, de la nuit

des femmes du Mont Chenoua. Il me semble que celles-ci dansent encore


pour moi dans des grottes secrètes, tandis que la Méditerranée étincelle à

leurs pieds. Elles me saluent, me protègent. J’emporte outre Atlantique

leurs sourires, images de « shefa’ », c’est-à-dire de guérison. Car mon

français, doublé par le velours, mais aussi les épines des langues autrefois

occultées, cicatrisera peut-être mes blessures mémorielles.

Mesdames et Messieurs, c’est mon voeu final de « shefa’ » pour

nous tous, ouvrons grand ce « Kitab el Shefa’ » ou Livre de la guérison (de

l’âme) d’Avicenne/Ibn Sina, ce musulman d’Ispahan dont la précocité et la

variété prodigieuse du savoir, quatre siècles avant Pic de la Mirandole,

étonna lettrés et savants qui suivirent...

Je ne peux m’empêcher pour conclure, de me tourner vers François

Rabelais, « le grand traverseur des voies périlleuses », comme l’appelle


François Bon-Rabelais donc qui, à Montpellier, pour ses études de

médecine, dut se plonger dans ce Livre de la guérison. Dans sa lettre de


Gargantua à Pantagruel, en 1532, c’est-à-dire un siècle avant la création de

l’Académie par le cardinal de Richelieu, était déjà donné le conseil

d’apprendre « premièrement le grec, deuxièmement le latin, puis l’hébreu

pour les lettres saintes, et l’arabe pareillement. » Gargantua ajoutait

aussitôt au programme : « du droit civil, je veux que tu saches par coeur

tous les beaux textes ».


C’est pourquoi, Mesdames et Messieurs, j’imagine qu’en ce

moment, au dessus de nos têtes, François Rabelais dialogue dans

l’Empyrée avec Avicenne, tandis que je souris, ici au Doyen Vedel auquel

grâce à vous, aujourd’hui, je succède.

samedi 28 février 2015

Décès de la romancière algérienne Assia Djebar

L’écrivaine algérienne Assia Djebar, membre de l’Académie française, est décédée vendredi 6 février à 78 ans dans un hôpital parisien, trois ans après avoir été pressentie pour le prix Nobel de littérature, a annoncé samedi 7 février la radio publique algérienne.

 
La romancière, qui était également cinéaste, sera enterrée, selon ses vœux, dans son village natal de Cherchell, en Algérie, la semaine prochaine.

Née à Cherchell, à l’ouest d’Alger, le 30 juin 1936 dans une famille de petite bourgeoisie traditionnelle (son père était instituteur), Assia Djebar est une historienne et écrivaine algérienne d’expression française, auteure de romans, nouvelles, poésies et essais. Elle a également écrit pour le théâtre et a réalisé plusieurs films. Considérée comme l’une des auteures les plus célèbres et influentes du Maghreb, elle a fait son entrée à l’Académie française en 2006.

Une brillante étudiante

Après des études secondaires en Algérie, elle est la première Algérienne à intégrer l’École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres, où elle choisit l’histoire. En 1956, suivant un mot d’ordre des étudiants algériens, elle boycotte ses examens. L’occasion pour elle d’écrire, à 19 ans, son premier roman, « La Soif », sous le nom de plume d’Assia (« la consolation ») Djebar (« l’intransigeance »). « C’était un air de flûte qui continue à être entendu et à être juste », dira-t-elle des années plus tard.
En 1999, elle soutient sa thèse à l’université de Montpellier, une thèse originale puisqu’elle est autobiographique et porte sur sa propre œuvre : « Le roman maghrébin francophone, entre les langues et les cultures, quarante ans d’un parcours ».

 

Une femme engagée

Dans sa jeunesse, elle prend le parti de l’indépendance de l’Algérie, alors sous domination française, mais décide d’écrire en français. S’ensuivront une quinzaine de romans depuis « Les Impatients » (1958) jusqu’à « Nulle part dans la maison de mon père » (2007) en passant par les plus connus, « L’amour, la fantasia » (1985) ou « Ombre sultane » (1987), qui, pendant plus d’un demi-siècle, plaident pour la démocratie, le droit des femmes et le dialogue des cultures, « contre la régression et, souvent, contre la misogynie », a rappelé le président de la République François Hollande dans un communiqué.

 

Une créatrice touche à tout

De 1959 à 1966, elle vit au Maroc puis en Algérie où, professeure d’histoire moderne et contemporaine à l’université d’Alger, elle refuse d’enseigner en arabe littéraire. Jusqu’en 1975, elle vivra alors entre l’Algérie et la France avant de s’installer dans ce dernier pays en 1980 pour se consacrer à l’écriture. Elle réalise deux films dont « La Nouba des femmes du mont Chenoua » en 1978, un long-métrage qui lui vaut le Prix de la critique internationale à la Biennale de Venise en 1979.
Durant la décennie noire (1992-2002), elle ne retournera qu’une seule fois en Algérie, pour l’enterrement de son père. En 1999, elle est élue à l’Académie royale belge au siège de Julien Green et, en 2005, à l’Académie française, succédant à Georges Vedel. La langue française est pour elle le « lieu de creusement de mon travail, tempo de ma respiration au jour le jour », dira-t-elle lors de sa réception sous la Coupole. Son œuvre littéraire sera traduite en 23 langues. Elle enseignera également le français dans différentes universités américaines.


 

La romancière est enterrée, selon ses vœux, dans son village natal de Cherchell, à l’ouest d’Alger.

 

vendredi 20 septembre 2013

Soraya Kinane : Un destin inattendu


Soraya Kinane, comme beaucoup d’artistes, était d’une grande ambition, elle rêvait devenir une étoile, travailler pour assurer un bel avenir pour elle, sa famille et surtout pour sa progéniture, Sarah et Boumedienne… Voyant que cela ne pouvait se concrétiser dans sa ville, dans son pays, et comme beaucoup d’Algériens, elle choisit le départ, juste là, elle traverse la Méditerranée, pour pas loin, à côté de sa terre natale ,à 30 minutes de vol, et pour apaiser son mal du pays ,il suffisait juste d'un petit vent du nord provenant d’El bahia Wahrane, vers la ville Dénia à 130 km  d’Alicante, où elle s'installe,
Oui, Soraya a choisi l’exil à la recherche du succès pour réaliser son rêve, avec juste un billet d’avion et une valise en carton comme l’a fait avant elle sa chanteuse préférée Linda de Suza qui a connu la gloire et un beau matin tous s’écroulent comme des châteaux de sable que les vagues effacent à leurs  passages…
Mais Soraya, n’a pu construire des châteaux de sable, puis sauter dessus à pieds joints, elle n’a même pas eu le temps d’ouvrir sa fenêtre pour laisser pénétrer l’odeur des mimosas de son quartier qu’elle chantait avec sa douce voix !


La voix n’a pu trouver un air, et la chanson a perdu sa mélodie, et elle a bien compris que devenir adulte, c’est aussi se rendre à l’évidence, lâcher ses rêves d’enfant pour se laisser menotter par la réalité.
La peur du lendemain a hanté les nuits froides de l’artiste, le destin a cassé sa voix, a brisé son corps, et la lutte pour la gloire s’est transformée en un combat pour la survie… Et le retour au pays, caresser ses enfants, mourir dans la maison modeste de ses parents, sont devenus un rêve que le destin ne lui a pas exaucé !
Soraya rend l’âme dans un modeste hôpital, située dans cette ville Dénia, même à 30 minutes de sa belle ville de son enfance, sont devenus interminables  car l’aiguille de l’horloge s’est envolé avec le souffle du  vent du nord provenant d’Alicante vers Oran !
Je l’ai vu dormir  Soraya Kinane, paisiblement dans son cercueil, et par miracle j’entendais sa voix fredonnait  sa dernière mélodie qu’elle chantait dans son sommeil éternel,. Par ses beaux yeux qui étaient  à moitié fermés, j’ai compris qu’elle regardait le mausolée de Sidi El Houari, et son sourire  timide disait tout simplement « Enfin, je suis protégée  par cette terre que j’ai  tant aimé ! »
Merci à Madame Khalida Toumi, ministre de la culture de lui avoir offert l’ air de cette mélodie en lui accordant, un émouvant  retour et un bel enterrement à la grandeur de sa simplicité !
Merci à l’Onci d’avoir été présent  pour lui prouver qu’elle est et restera l’artiste de l’Algérie qu’on aime si fort !
Et merci à ses enfants, ses amis d’Espagne et d’Algérie d’avoir cru en elle, et de réaliser que notre Soraya Kinane restera éternelle !
Nadjet Taibouni

jeudi 27 juin 2013

J’ai appris


J’ai appris à ne pas m’énerver, quand je me retrouvais en plein embouteillage sur les périphériques de ma ville.
J’ai appris à ne pas paniquer, quand je parcourais les rues d’Alger vide.
J’ai appris à marchandais avec la patience quand l’incompréhension devient une monnaie courante.
J’ai appris  à  renforcer mon espoir, à consolider mes ambitions dans mon pays lisiblement paisible.

 
Et j’ai appris aussi,  non pas à aimer mon travail, car lui-même est une exclamation d’Amour, mais plutôt à avoir du temps pour apprécier  mon rôle qui n’est que ce plaisir ahurissant d’être au service de la culture de mon pays.
Littérature, Musique, spectacles, chorégraphie, théâtre, cinéma, arts plastique, festival, rencontres, colloques, séminaires, hommages, journées et  semaines culturelles, Quel beau monde !
Nous  prenons à cœur l’épanouissement de tous les arts qui font partie de notre identité. Je dis bien identité alors « Ne touchez pas à mon pays pour souiller les volontés qui magnifient mon Algérie !! »
J’ai appris, que la culture est une arme redoutable, et qui ne sera jamais un gadget entre les mains invisibles, ennemies  de ma nation, financées par des  producteurs fantômes et leurs sponsors fantoches qui croient qu’avec un scénario barbon, réaliseront avec aisance le  coup de manivelle, de l’avant première d’un numéro de la série intitulée « Il était une fois en l’Algérie ! ».
 
 
J’ai appris, que nous nous ne sommes pas un  public crédule et  un peuple stupide, pour accorder à cet épisode un  triomphe acclamé  sur toutes les chaines notamment Al Jazzera, notre « Ennemi intime ».
Heureusement, on connait le son du clap,  on a appris à faire la différence entre la réalité et  le  chimérique de  « Apocalypse now» et on a toujours applaudi l’annonce du coupé roulé !!!!
 
 
Par ailleurs, j’ai appris à comprendre le sens de chaque mot de nos dialogues. Et avec exactitude, Je leurs dis aujourd’hui, j’en veux pas de leur script, ni de leurs répliques qu’ils distribuent comme un clip usé. J’en suis engorgée, mais, j’apprends toujours le sous texte de « Rachida ».
Ceci étant dit, j’ai appris, plutôt nous avons appris des « chroniques des années de braises » pour signifier qu’on refuse d’être leurs acteurs dans leur pièce de théâtre. On refuse d’être des portraits dénudés sur leurs toiles. On refuse d’être des marionnettes dans leurs studios live. On refuse d’être des interprètes dans leur opérette. Nous ne serons jamais des auteurs ou poètes de leur « Iliade ».
Qu’ils Sachent, nous refusons catégoriquement d’être les  compositeurs de  leur 7ème symphonie, qu’ils ont intitulé « Printemps arabe ! »
 
                                              Nadjet Taibouni
 


Avec douleur


mercredi 26 juin 2013

Mon Algérie!

Ma Terre, ma liberté de créer!

LE FORMULAIRE

Nom et prénom : citoyenne du monde
Date de naissance : le….je me rappelle plus !
Lieu de naissance : un paradis sur terre
Adresse : je ne suis pas SDF dans mon pays
Profession : le cerveau travaille sans arrêt
Nationalité : puis-je avoir plus de précision ?
Nationalité : laquelle ?
Nationalité : d’origine ?
Nationalité : actuelle ?
Nationalité : du sang ? du lieu de naissance ? ou plutôt …… ?
Votre nationalité : ah ma nationalité !
ma nationalité …..,
Ma nationalité n’est pas un passeport qui se renouvelle chaque 05 ans.
Ma nationalité, n’est pas une carte d’identité qui s’expire chaque 10 ans.
Ma nationalité n’est pas un cachet administratif ou un papier officiel établi par les autorités.
Ma nationalité n’est pas une filiation que je transmettrai à mes enfants.
Ma nationalité n’est pas une médaille qu’on offre dans de grandes réceptions.
Ma nationalité ne pourrait jamais être une loi imposé par le législateur.
Ma nationalité ne porte pas uniquement, un drapeau et un hymne national.
Ma nationalité c’est mon unique capital sans intérêt financier.
Ma nationalité c’est :
Ce sentiment de fierté devant la puissance de mon pays.
Ce sentiment de jalousie devant le progrès des autres nations.
Ce sentiment de douleur face à la misère de mon peuple.
C’est aussi un sentiment d’amertume devant la régression de la mentalité de mes Frères.
C’est encore un sentiment de culpabilité face aux malheurs de ma nation.
C’est surtout un sentiment de rage face à mon incapacité de productivité sur ma terre fertile.
Ma nationalité est un sang rebelle devant les ennemis de mon identité.
Ma nationalité est l’odeur du jasmin qui renforce mon espoir de prospérité.
Ma nationalité est une racine implantée dans mes germes.
Ma nationalité est une redevance éternelle envers ma patrie.
Ma nationalité n’est pas ALGERIENNE
Mais l’ALGERIE est ma Nationalité.
                                                  Nadjet Taibouni
 

Rêver

Rêver, c'est oublier la réalité
en se donnant un moment de liberté.
Rêver c'est dire non à l'impossible
mais aussi atteindre ce qui est inaccessible
 
 
Rêver c'est s'inventer des roses
quand dans la vie il n'y a pas grand-chose.
Rêver c'est se promener dans son jardin secret
aussi sereinement qu'un roitelet.
 
Rêver c'est se créer un monde à soi
illuminé par un soleil de joie.
Rêver c'est toucher la beauté
mais aussi émouvoir sa sensibilité
 
Rêver c'est broder un poème
avec la soie d'un je t'aime
sur le ciel de son cœur
pour le donner à toutes les douleurs.
 
Rêver c'est savoir se mentir
et transfigurer la souffrance en plaisir.
Rêver c'est pénétrer dans un autre univers
où l'on ne voit ni la tristesse ni l'enfer.
 
Nadjet Taibouni

mercredi 6 février 2013

Théâtre, Présentation de la pièce El Djamilate au TNA : Combat et sacrifices de militantes

Théâtre, Présentation de la pièce El Djamilate au TNA : Combat et sacrifices de militantes

Le metteur en scène Sakia Mekkiou Alias « Sonia » : “J’ai été attirée par la poésie et l’engagement du texte”


La pièce théâtrale El Djamilate a été présentée dans la soirée du samedi au Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi, dans le cadre du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, en présence de la ministre de la Culture Mme Khalida Toumi, de plusieurs moudjahidate qui ont servi la cause de leur patrie, mais aussi du public qui tenait à leur rendre hommage.
Cette production du théâtre régional Azzedine-Medjoubi d’Annaba et dont la pièce, mise en scène par Sakina Mekkiou, connue beaucoup plus sous son nom d’artiste Sonia, sur un texte de Nadjet Taybouni, se veut un hommage à toutes les femmes ayant combattu contre l’occupation coloniale.
Pendant près de 75 minutes, le public a eu l’occasion de découvrir l’esprit nationaliste et combatif de Djamila Bouhired, de Fadéla Saâdane et de Hassiba Ben Bouali, pour ne citer que celles-là, qui ont consacré toute leur vie à la défense de la cause nationale et à la libération du pays du joug colonial. L’engagement corps et âme de ces militantes se lit dans ce texte écrit par Nadjet Taybouni et, est rendu palpable par la bonne performance des cinq comédiennes, en l’occurrence, Lynda Salam, Laârini Lydia, Houari Radja, Mouna Ben Soltan et Hanifi Amel. La pièce a suscité l’admiration d’un public, qui a exprimé par des applaudissements chaleureux sa satisfaction à chaque partie du spectacle. Il était visiblement séduit par la dimension et la qualité de sa thématique, comme le témoigne Mohamed. «Je suis un grand amateur de théâtre. J’éprouve un réel plaisir à venir assister à chaque fois une pièce, mais aujourd’hui je suis vraiment ébloui par la qualité du texte qui est bien confectionné ainsi que le jeu des artistes qui ont donné un plus à cette pièce théâtrale. Je leur dis bravo et bonne continuation».
La cause algérienne contre le colonialisme n’était pas un combat individuel mais la cause de tout un peuple, homme et femme, grands et petits. La gent féminine a bien su montrer son amour, son attachement, ses origines en défendant de façon implacable son pays. Celles qui ont connu la souffrance, la torture, la prison, la mort… et même le viol ont montré avec acharnement pendant la lutte de libération un courage exemplaire tout en sachant faire valoir leur droit de femme. Pour cela cette pièce se veut un hommage à toutes ces militantes de la cause nationale, ces Algériennes qui ont bataillé contre le colonialisme français sous toutes ses formes Les cinq comédiennes ont réussi vraiment à traduire cette souffrance et ce rôle important qu’a eu la femme algérienne durant la guerre de libération, par leur prestation sur scène, à ressusciter la mémoire en mettant en exergue tous les sacrifices et toutes les souffrances des Algériennes.
Tout au long de cette pièce, l’assistance bien concentrée et transportée dans la période de la lutte de Libération nationale, a découvert l’esprit nationaliste et combatif de Djamila Bouhired, Fadéla Saâdane et de Hassiba Ben Bouali… et bien d’autres rassemblées toutes, sous le prénom de «Djamila» qui ont consacré toute leur vie à la défense de la cause nationale comme le témoigne une vieille spectatrice qui n’a pas pu retenir ses larmes «La pièce est un hommage mérité et appuyé à celles qui se sont sacrifiées cœur et âme pour permettre aujourd’hui au pays d’être libre et indépendant.
Pour permettre à cette génération de vivre en toute liberté alors il est de son devoir de préserver cette liberté et de travailler pour rendre un peu de mérite à ces femmes qui se sont sacrifiées». D’autres spectatrices ont salué, pour leur part, cette œuvre théâtrale qui vient renforcer les témoignages sur la contribution des Algériennes à la lutte de Libération nationale et sur les sacrifices endurés pour que l’Algérie vive libre et indépendante, par des youyous et des chants patriotiques, à leur tête la ministre de la culture qui se sont données à cœur joie de chanter Min djibalina.
Les faits relatés dans cette pièce remontent à 1961 lorsque, dans une des cellules de la prison de Serkadji (Alger), se rencontrent cinq moudjahidate, toutes condamnées à mort, mais bravant courageusement cette sentence en rêvant de liberté et d’indépendance pour leur pays. Chacune d’entre elles essayait de raconter le motif de son emprisonnement qui était le même ou presque pour toutes : le dépôt d’une bombe, la distribution de tracts… Après l’indépendance, le rêve de ces femmes était trop simple, seul un sourire était suffisant. Bravo les artistes…
Kafia Ait Allouache


“Hommage aux femmes algériennes”
“Les femmes algériennes et les jeunes de cette génération son bien conscients des sacrifices du peuple algérien surtout la gente féminine, mais aussi le prix que nous avons payé pour avoir notre indépendance.
Ils nous ont montrés aujourd’hui que leur prise de conscience peut aller jusqu'à eux aussi tout en montrant qu’elles sont prêtes au sacrifice pour préserver notre liberté et notre souveraineté. Je suis très fière et heureuse de cette jeune génération de comédiennes et artistes qui montrent bien que l’avenir de l’Algérie est rassurant. Je suis très fière des femmes algériennes et des jeunes surtout. Celle qui a écrit le texte Nadjet Taybouni est une jeune femme, Sonia qui est bien connue et aussi de la génération de l’indépendance. Je suis très fière d’elles, je suis fière qu’il y’ait une jeune génération de femmes comédiennes et femmes de théâtre qui disent leur reconnaissance à celles qui ont tout donner pour que nous soyons libres aujourd’hui.
Elles sont un message très fort parce qu’elles sont conscientes de ce qu’il faut faire pour préserver ce trésor le plus précieux, la patrie. Elles sont conscientes de ce qu’il faut faire pour le préserver et le maintenir pour les futures générations. Vive les femmes algériennes !


Le metteur en scène Sakia Mekkiou Alias « Sonia »
“J’ai été attirée par la poésie et l’engagement du texte”
Le texte de la pièce El Djamilate, relatant la souffrance et le combat des moudjahidate durant la guerre de Libération nationale a fait que l’on voulait rendre hommage à toutes les Algériennes qui ont combattu contre l’occupation coloniale, à chaque femme ayant consacré sa vie pour la libération de l’Algérie dans tous les coins de ce pays. Les comédiennes Lynda Salem, Lydia Laarini, Raja Houari, Mouna Ben soultane et Amel Hanifi interpréteront les rôles des moudjahidine détenues à la prison Serkadji (ex-Barberousse) durant la période coloniale. Je les ai choisie par ce que personnellement dans ma démarche j’opte pour le travail de formation. Quant on trouve des jeunes filles qui aiment le théâtre, même si elles n’en ont jamais fait et qu’elles ont du talent et le désir je pense qu’il faut les aider et les encourager pour percer. J’ai réalisé ce travail parce que j’ai été attiré par la poésie et l’engagement qu’il y a dans ce texte.
Propos recueillis par K. A. A.



http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/37768

El Djamilate au TNA : Un vibrant hommage aux Moudjahidates !


Dans le cadre des célébration du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie et en présence de la ministre de la culture Khalida TOUMI, une présentation de la pièce théâtrale « El Djamilate » a eu lieu samedi 3 Fevrier 2013, au Théâtre National Algérien. Présentée par la troupe du théâtre régional d’Annaba , « El Djamilate » rend hommage aux moudjahidates de la guerre de libération Algérienne.
Journaliste : Meriem ADJAL
Caméraman : Billal LOUKKAL
Montage : Billal LOUKKAL / Meriem ADJAL

http://www.dzairwebtv.com/El-Djamilate-au-TNA-Un-vibrant-hommage-aux-Moudjahidates-_v2849.html#last_comment

jeudi 24 janvier 2013

Programmation de la pièèce de Théâtre Al Djamilate

Le 02.02.2013 à 18h30, au Théâtre National d'Alger,j'ai l'honneur de vous inviter à la représentation théâtrale "Al Djamilate" de Nadjet Taibouni et mise en scène Sonia, Scénographie Habbel Boukhari et chorégraphie Kara Toufik.
"Al Djamilate" une pièce qui rend hommage:
- A nos mères, Al Djamilate -les "Pures" dans leur combat, leurs convictions, et dans leur amour pour l'Algérie- à nos Héroïnes qui ont sacrifié leur Vie pour l'indépendance de notre pays.
- A toutes les Moudjahidates (militantes connues ou inconnues, torturées, condamnées) de mon pays qui ont lutté pour que nous vivions aujourd'hui libre, digne et fière de leur sacrifice.
 
 
 
Les faits que ressuscitent "El Djamilate", remontent à la fin de l'année 1961 lorsque dans une des cellules de la prison de Serkadji (Alger), se rencontrent cinq moudjahidate, toutes condamnées mais qui rêvent de liberté et d'indépendance pour leur pays.
Cette production qui a été réalisée à l'occasion de la célébration du cinquantenaire par le théâtre régional "Azzedine Medjoubi" Annaba et dont la générale à eu lieu le 20.12.2012 à Annaba.

Je compte sur votre présence, votre soutien est important!


Nadjet


Générale de la pièce théâtrale Al Djamilate à Annaba : Le beau rêve de la liberté




La générale d’une pièce de théâtre intitulée Al Djamilate, a été présentée jeudi à Annaba, suscitant l’admiration d’un nombreux public, séduit par la dimension et à la qualité de sa thématique, a-t-on constaté. Production du théâtre régional Azzedine-Medjoubi d’Annaba, la pièce, mise, en scène par Mme Sakina Mekkiou, plus connue sous son nom d’artiste Sonia, sur un texte de Nadjet Taibouni, est un hommage à toutes les Algériennes qui ont combattu contre l’occupation coloniale. Les comédiennes Lynda Salem, Lydia Laârini, Raja Houari, Mouna Bensoltane et Amel Hanifi ont réussi, par leur prestation sur, scène, à ressusciter la mémoire en mettant en exergue tous les sacrifices et toutes les souffrances des Algériennes, conduisant à une vive émotion du public. Tout au long de cette pièce de 75 minutes, l’assistance, transportée dans la période de la lutte de Libération nationale, a découvert l’esprit nationaliste et combatif des Djamilate, Hassibate, Bayate,Lousete, Zohrate, Merioumete, Zahiyete, Djouhrete, Aichete, Fatmet, et la liste est longue de celles qui ont consacré toute leur vie à la défense de la cause nationale et à la libération du pays du joug colonial. « La pièce Al Djamilate est un hommage mérité et appuyé à nos aînées qui se sont sacrifiées pour permettre aujourd’hui au pays d’être libre et indépendant », a souligné une spectatrice au sortir du théâtre régional. D’autres spectatrices ont salué, pour leur part, cette œuvre théâtrale qui vient renforcer les témoignages sur la contribution des Algériennes à la lutte de Libération nationale et sur les sacrifices qu’elle a enduré pour que l’Algérie vive libre et indépendante. Les faits que reprend cette pièce remontent à 1961 lorsque, dans une des cellules de la prison de Serkadji (Alger), se rencontrent cinq Moudjahidate, toutes condamnées soit à mort ou à vie, mais bravant courageusement cette sentence en rêvant de liberté et d’indépendance pour leur pays. Al Djamilate qui fera l’objet d’une tournée à travers 25 wilayas du pays, a été produite à l’occasion de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance nationale.

http://www.elmoudjahid.com/fr/

samedi 19 mai 2012

Les anges ont cueilli Warda

Lorsqu’elle chantait, les mélomanes étaient aux anges. À présent, ce sont les anges mélomanes qui doivent être ravis de sa présence parmi eux.



Warda al-Jazairia , l’un des derniers monstres sacrés du panthéon musical arabe est parti sur la pointe des pieds. Des millions de fans pleurent la «Rose d’Algérie» et l’accompagnent aujourd’hui à sa dernière demeure.
Après une enfance parisienne (elle est née à Puteaux, Paris, en juillet 1940, d’un père algérien, Mohammad Ftouki, et d’une mère libanaise de la famille Yammout), elle a eu trois terres d’accueil et d’amour : le Liban, l’Égypte et l’Algérie. Le public libanais l’a connue élégante comme une Parisienne, chaleureuse comme une Beyrouthine, drôle comme une Cairote et bosseuse comme une Algérienne. Mais à chacune de ses visites à Beyrouth, invitée notamment par le Festival de Baalbeck (en 2005 et en 2008), elle aimait réitérer son amour pour sa seconde patrie, le Liban, où elle a tenu l’un de ses derniers concerts en septembre 2011.


Une rose de l’espèce des «cœurbivores», elle a souvent été comparée à la géante Oum Kalsoum. Mais la discrète réfutait toute ressemblance, aussi honorifique soit-elle, et revendiquait son droit à « être moi-même, tout simplement ».


Elle apparaissait, sur scène ou devant les journalistes, la main sur le cœur (ce cœur si gros qu’il l’a lâchée, finalement) prés duquel elle avait suspendu, en médaillon, une prière «Macha’Allah» et un œil pour conjurer le mauvais sort. Car la vie n’a pas été très tendre avec la diva du monde arabe. Côté santé, d’abord, avec deux grosses opérations au cœur et au foie l’ayant éloignée un certain temps de la scène. Mais aussi sur le plan de la vie privée qui «clashait» parfois avec les exigences d’une carrière internationale. Une carrière qu’elle a entamée très tôt, à l’âge de onze ans, lorsqu’elle a commencé à chanter au Tam-tam, un établissement du Quartier latin appartenant à son père. Elle s’est fait alors connaître pour ses chansons patriotiques algériennes. C’est d’ailleurs suite à ces chansons qu’elle s’est trouvée obligée de quitter la France pour Beyrouth en 1958. Avec sa voix chaude et vibrante, sans oublier son engagement pour la cause algérienne, elle commence à se faire un prénom. Deux rencontres vont lui ouvrir, dès 1959, les portes du Caire. La première aura lieu au Tanios, le fameux «casino» de Aley. Deux soirs d’affilée, un visiteur de marque vient l’écouter. Flairant le talent de la jeune femme, le compositeur Mohammad Abdel Wahab la prend sous son aile et l’initie au chant classique. Il met en musique pour elle une «qassida » du «prince des poètes», Ahmad Chawqi, Bi-omri kullo habbetak. Premiers succès. Helmi Rafla, célèbre réalisateur de comédies musicales, vient en personne lui faire signer un contrat. Elle tournera sous sa direction Amirat al-Arab et al-Maz, qui font d’elle la coqueluche des Cairotes. Puis c’est au tour du compositeur exclusif d’Oum Kalsoum, Riad al-Sombati, de lui ciseler le bijou La’bat el-ayyam. Vers la fin des années 50, elle chantera devant Nasser, qui la reçoit en tant qu’ambassadrice de la cause algérienne. En 1962, elle décide de rejoindre la patrie qu’elle n’a jamais vue et interrompt sa carrière artistique.